J’ai pris la décision de poser ma candidature à la présidence de la FIA à nos élections d’octobre. Je vous écris aujourd’hui dans le désir de vous informer de mes priorités et des objectifs que je poursuivrai si vous m’accordez votre confiance et me faites l’honneur de m’élire à la présidence. Vous ne manquerez bien entendu pas de recevoir de plus amples informations au cours de la campagne électorale.

[1.] Renforcement de la défense de nos intérêts.

La grande famille des automobilistes compte plus d’un milliard de membres à travers le monde. Les plus connus d’entre eux sont les 20 pilotes de Formule 1, qui sillonnent le monde de course en course. Nous représentons bien 100 millions d’automobilistes, mais il en reste néanmoins 900 millions, que nous ne comptons pas encore parmi nos adhérents. Cette différence constitue un énorme potentiel de croissance. L’une des principales tâches de la fédération mondiale consiste à soutenir les clubs membres dans leur travail de prospection pour trouver de nouveaux adhérents. Pardessus tout, la tâche primordiale du président de la FIA réside dans la protection de la famille des automobilistes et de la mobilité au plus haut niveau gouvernemental. Nous devons faire aboutir notre revendication pour que tous les moyens de transport (transports routiers, ferroviaires, maritimes et aériens) soient traités de manière égale, parce qu’il s’agit de l’intérêt de la société dans son ensemble.

Plus nous serons nombreux et unis, mieux nous parviendrons à nous faire entendre.

Il s’avère toutefois que les efforts entrepris en faveur des automobilistes sont encore très inégaux à l’heure actuelle. Je suis absolument convaincu qu’une collaboration plus étroite avec les clubs membres de la FIA permettra de trouver une solution positive aux problèmes mondiaux de la mobilité en utilisant toute l’influence de la FIA et en renforçant sa marque.

Dans cette perspective, il est important que les vues de nos clubs du monde entier cor-respondent à la politique pratiquée par la FIA. Nous chercherons donc des moyens pour intégrer davantage les clubs dans les décisions concernant la politique de la fédération mondiale. Cette recherche est particulièrement importante quand il s’agit de thèmes tels que la sécurité routière, l’accès à la mobilité, l’énergie durable et à un prix abordable,

l’environnement et le tourisme écologique.

En 2005, le parlement européen a approuvé mon rapport « Comment diviser par deux le nombre de morts sur les routes européennes d’ici à 2010 : une responsabilité partagée ». Notre défi le plus précieux à la FIA, c’est globalement de continuer à sauver des vies humaines.

Étant donné donc que notre prospérité dépend dans une large mesure de l’efficacité des transports des personnes et des marchandises, nous pouvons contribuer à améliorer l’image des transports en général.

[2.] Amélioration et élargissement de notre soutien en faveur des petits clubs.

Notre fédération mondiale compte aussi bien des grands que des petits clubs. Alors que de nombreux grands clubs dépendent relativement peu de la FIA, nous devrions nous concentrer sur les plus petits clubs, qui demandent notre soutien. Je créerai à cette fin un groupe de travail spécial, chargé de l’élaboration d’un programme continu d’activités de soutien fournies par la FIA.

Le rôle de la Fondation de la FIA et l’utilisation de ses fonds assez importants devront être redéfinis, pour pouvoir venir en aide aux clubs membres et soutenir leurs projets. Nous avons le devoir de soutenir les petits clubs, en particulier dans les pays en développement et dans les pays émergents, car la mobilité améliorée constitue un facteur décisif pour combattre la pauvreté. J’ai par ailleurs l’intention de visiter des petits clubs dans les divers continents.

[3.] Augmentation de la rentabilité de la FIA (coûts-efficacité, efficience, rentabilité).

Il est certain qu’une partie importante de nos moyens financiers provient du sport, mais le règlement du montant de la cotisation à la FIA représente un fardeau pour certains clubs. Nous procéderons à une révision de nos activités pour assurer la rentabilité du travail de la FIA et garantir un management compétent à tous les postesclés. Nous utiliserons les nouvelles techniques de communication pour soutenir les petits clubs et obtenir une meilleure participation de tous les clubs aux activités de la FIA. Vous n’ignorez certainement pas que nous entretenons actuellement des bureaux dans un certain nombre de métropoles européennes. Nous ne comptons pas réduire nos activités de soutien des clubs, mais nous étudierons s’il est réellement nécessaire d’entretenir une telle quantité de bureaux-satellites.

[4.] Modernisation des structures de la FIA.

L’un de mes premiers actes officiels consist-era à instaurer un petit groupe de travail constitué de responsables provenant des secteurs de la mobilité et du sport automobile au sein de la FIA. Ce groupe de travail sera chargé d’élaborer des modifications pour assurer la viabilité de l’organisation mondiale et des clubs à longue échéance. Mon objectif est de donner plus de poids aux clubs en ce qui concerne les décisions que nous prenons à la FIA.

Il est temps que nous écoutions les clubs.

Nous allons en particulier revenir à une procédure électorale présidentielle sans exigence de fournir de longues listes de candidats. La direction doit uniquement rester à la tête de la fédération grâce à la confiance de ses membres.

C’est la seule proposition que nous avons faite concernant les procédures électorales. Les grandes organisations sont toutes soumises à des contrôles sévères, de sorte que nous devons établir au sein de la FIA un véritable système de commandement et de contrôle du gouvernement d’entreprise, afin d’éviter les conflits d’intérêts potentiels et d’augmenter la transparence de la FIA pour les clubs.

La marque de mon équipe, ce sont les valeurs, l’honnêteté et la transparence.

Oui à une direction forte –  avec des moyens démocratiques !

[5.] Extension de nos efforts pour le développement du sport automobile.

Le sport au-tomobile constitue une part importante et passionnante de notre héritage, qui continue à alimenter nos rêves. Je n’oublierai jamais la lueur que j’ai vue un jour dans les yeux d’un petit garçon de Tombouctou qui regardait passer la caravane du Rallye Paris – Dakar. Au cours des décennies passées, la FIA a réalisé des choses excellentes, notablement en mat-ière de sécurité. Nous devons aussi redoubler nos efforts pour rendre la Formule 1, le Rallye et les autres championnats plus attrayants, mais ne devons pas perdre de vue les pays dans lesquels le sport se trouve encore tout à ses début. Nous devons assurer une meilleure transparence des méthodes avec lesquelles nous gérons le sport et établissons les règles. Pour parvenir à cela, nous devons garantir que le système de justice de la FIA est au dessus de tout soupçon en ce qui concerne son indépendance.

Pour être plus efficace dans notre gestion du sport, nous allons rechercher activement les moyens de rendre plus simple la structure de notre organisation et établir des approches plus pratiques là où c’est possible. Pour ma part, si jamais les clubs membres de la FIA dé-cident de m’élire comme président de la FIA, j’envisage mon rôle comme un engagement direct et actif et d’être présent aux championnats phares de la FIA partout où cela sera nécessaire et souhaité.

Par ailleurs, nous devons continuer à  persévérer dans nos efforts en faveur du dévelop-pement de nouvelles technologies automobiles, et les intégrer et les promouvoir à travers le sport automobile. Cela concerne particulièrement les domaines permettant de sauver des vies humaines et nous devons contribuer à atténuer encore l’impact de l’automobile sur notre environnement. Nous devons parallèlement reconnaître que les concurrents at-tendent à juste titre que les règles ne soient pas modifiées à tout bout de champ. Etablir une stabilité signifie que nous devons élaborer les changements à venir, en collaboration avec les concurrents et ce, le plus tôt possible.

Il est dans l’intérêt de nos clubs que les concurrents prospèrent et demeurent dans les championnats de la FIA.

La FIA a eu raison de souligner les opportunités pour les concurrents et les organisateurs de réaliser des économies et nous devons continuer encore plus dans cette voie. La FIA doit demeurer fidèle à son nom et organiser des manifestations sur tous les continents.

Nous devons finalement veiller à être plus sensibles aux besoins de ceux qui paient pour une grande partie de cela, à savoir les spectateurs. Nous compromettons notre propre avenir, si une famille normale n’est plus en mesure de se rendre à nos manifestations.

Il faut par ailleurs insister sur l’importance des liens entre le sport automobile et la mobil-ité, car il ne faut pas perdre de vue le fait que le sport automobile a été une source con-stante d’innovation technologique dans le domaine de la sécurité, de la consommation en carburant, tout comme dans de maints autres domaines, qui ont profité de manière générale à la mobilité. Nous encouragerons donc activement de telles évolutions nous permettant de confronter les défis nouveaux.

Le sport automobile est une chose fantastique qui nécessite toutefois plus de passion et moins de politique!

[6.] Entretien et amélioration des relations.

Je ferai tout mon possible pour entretenir et améliorer au nom de la FIA les relations importantes. La première étape de ce processus consistera pour moi à garantir que mon propre comportement soit synonyme d’intégrité, de franchise et de respect d’autres points de vue. J’attends la même chose de la part des candidats qui vont rejoindre mon équipe, tout comme de la part de tous les collaborateurs de la FIA. Nous rétablirons des relations positives et constructives avec les clubs qui auraient pu se sentir exclus par le passé, de même qu’avec nos principaux partenaires dans le sport automobile et les médias. Nous pouvons accomplir beaucoup plus grâce à une coopération renforcée que par le biais de la confrontation.

La FIA doit enfin mieux servir les clubs. Elle ne peut pas mener sa propre vie et elle doit opérer en tant qu’organisme de service pour ses propriétaires, c’est-à-dire les clubs mem-bres. Dans le monde actuel, où les changements s’opèrent extrêmement rapidement, nous ne pouvons pas continuer sur le principe „Business as usual“.

J’ai besoin de votre soutien pour pouvoir réaliser ces changements si nécessaires.

Finalement, j’aimerais également vous faire partager quelques pensées au sujet de la campagne électorale. J’ai l’impression que vous avez reçu des informations erronées au sujet de nos intentions concernant le processus électoral et des thèmes comme l’environnement et le CO2. Je tiens à préciser que, mis à part l’exception mentionnée cidessus sous [4], je n’ai absolument aucune intention de modifier la procédure électorale en vigueur actuellement.

De la même façon, je ne peux que réitérer que j’attache une importance extrême à la science et à la technique. Je suis persuadé que le sport de la FIA, tout comme la mobilité jouent un rôle important dans ce domaine. Des campagnes comme par exemple  « Pour des voitures vertes » (Make cars Green) apportent une contribution précieuse. Je consid-ère cependant que l’utilisation exclusive de sources d’énergies courantes constitue un problème, qui peut être résolu grâce à l’innovation technique et au progrès, mais non pas par la réduction de la mobilité individuelle.

La voiture est et demeure un moyen de transport révolutionnaire et extrêmement effectif, en faveur duquel la majorité des usagers de la route optent, en dépit d’impôts souvent exces-sifs, pour le motif qu’elle procure à chacun et par extension à toute la société des avantages toujours inégalés. Si la voiture est négligée ou défavorisée en tant que moyen de transport, tous les automobilistes, ainsi que le sport automobile, en souffriront.

Il s’agit d’une cause noble. Together we can - on peut y arriver ensemble!

Avec mes meilleures salutations,

Ari